RICCARDI SYLVIE
15, Rue Antoine Chaperon
42300  Roanne
06 70 85 92 51 PORT. 06 70 85 92 51
N°TVA : 67420790545

09/11/2013

Une faim en soi , article de Cynthia Drici, psychologue...

Hypnose et problèmes de poids
Un article de Cynthia Drici, psychologue pour le parcours de soins de chirurgie bariatrique, clinique Claude Bernard (Val d'Oise)

"S’il est vrai que chaque patient est différent, il y a des problématiques qui sont, elles, très récurrentes et similaires. En effet, tout comme il est fréquent de se voir adresser un patient pour un sevrage tabagique, il est également tout à fait courant de recevoir en consultation un patient (qui la plupart du temps sera d’ailleurs une patiente) qui souhaite « faire de l’hypnose pour perdre du poids ». L’obésité est une maladie qui, du fait du nombre de personnes qu’elle tue chaque année, constitue à ce jour un véritable problème de santé publique. mais le manque de considération et d’information relatif à cette problématique (campagnes de sensibilisation bien moins conséquentes que pour la sécurité routière par exemple, alors que l’obésité et les complications qui en découlent font plus de victimes que les accidents de la route), conduisent les patients et leur entourage à se retrancher exclusivement derrière un fatalisme génétique, alors que bien souvent, même si le surpoids peut être lié à un terrain prédisposant, il est en majorité imputable à des facteurs environnementaux. Quand les patients désireux de perdre du poids se présentent au cabinet, ils ont généralement « tout essayé » pour maigrir. Ils connaissent par cœur les différents régimes, des plus restrictifs aux plus originaux, pour ne pas dire farfelus. Tout ce qu’ils attendent, c’est de se débarrasser de leurs kilos superflus. J’ai pu assez vite observer le fait que pour ces patients « faire de l’hypnose » signifiait en réalité « se faire faire de l’hypnose ». En effet, la plupart des personnes qui consultent pour des problèmes de poids ne se sentent aucunement en capacité de prendre part à ce changement. Elles se réfèrent souvent à des anecdotes mettant en scène des hypnotiseurs de spectacle et pensent qu’il suffit de s’assoir, de fermer les yeux et de laisser la magie opérer. Cette pensée magique du travail thérapeutique se retrouve également dans le cadre de la chirurgie bariatrique, lorsque les patients sont certains qu’en se réveillant après l’anesthésie, tous leurs problèmes de surpoids auront disparu. La première chose pour moi, consiste donc, dès la première séance, à informer le patient quant au déroulement des séances à venir, en lui présentant l’hypnose de la façon la plus probante à mon sens : une co-construction. Il ne s’agit pas de mettre son salut entre les mains du praticien, mais plutôt d’élaborer avec lui la meilleure stratégie à l’atteinte des objectifs définis. Je m’attache, autant que possible, à ne pas brider l’imaginaire du patient et de ce fait je ne démens pas ses croyances quant à l’hypnose, j’essaie juste d’y introduire quelques nuances. Une des étapes importantes dans l’introduction de ces nouvelles couleurs, constitue bien souvent l’acceptation du fait que l’hypnose et la parole ne sont pas antinomiques. Il me semble important de signifier rapidement au patient comme ses mots vont prendre sens au travers de cette démarche, comme ils ont leur place dans ce travail et comme il peut s’autoriser à les verbaliser lorsqu’après une séance d’hypnose, il sentira probablement certains de ses maux émerger. De plus, je fais sans hésitation avec lui, le parallèle avec le sevrage tabagique, car en substance, il s’agit bien là d’une addiction. Il va donc s’agir pour le patient de ré encoder ses automatismes, afin qu’il ne soit plus esclave des compulsions alimentaires. Le travail consistera également, une fois libéré de ses besoins de satisfaction immédiats, à renouer avec des perceptions intéroceptives, qui permettront de retrouver ou de découvrir les sensations de faim et satiété par exemple, à sentir à nouveau les frontières entre l’extérieur et l’intérieur, en habitant pleinement son corps, en ne le désignant plus comme ce corps. Enfin, pour les personnes en surpoids, la nourriture s’avère souvent être une véritable béquille. Il est par conséquent compliqué d’accéder à la demande du patient sans s’assurer avant que c’est le bon moment pour lui d’entamer une pareille démarche. Nous allons donc explorer l’accompagnement en hypnose des personnes désireuses de perdre du poids dans deux cadres différents : tout d’abord au cabinet dans un suivi en hypnothérapie, puis dans le cadre de la chirurgie bariatrique en postopératoire…"

Retour
Top