RICCARDI SYLVIE
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15/11/2016

Un thérapeute peut-il "attaquer", critiquer ?

L'avis de Serge Ginger : La provocation discrète et chaleureuse peut être mobilisatrice. Tout est une question de degré et d’opportunité : il n’est pas exceptionnel qu’un thérapeute mette ainsi son client en face de ses responsabilités, mais habituellement cela se produit plus tard, lorsqu’une "alliance thérapeutique" a pu être établie entre thérapeute et client — ce qui peut demander parfois de nombreuses séances. 

Est-ce une démarche courante d'aller dans le sens de son patient ?

L'avis de Serge Ginger : Le Gestalt-thérapeute peut partager son ressenti avec le client - s'il estime que cela va l'aider à des prises de conscience sur sa manière de "fonctionner", ou bien les illustrer par ce qui se passe "ici et maintenant" dans le cadre de la séance. Il peut aller "dans le sens du client" — comme il peut, au contraire, faire part d'un point de vue différent, voire opposé (sans l'imposer, ni même le proposer – mais simplement pour souligner d'autres "polarités" possibles). Il n'est donc pas dans une attitude " d'acceptation inconditionnelle " comme le thérapeute "rogerien", "centré sur la personne". 

Quelle distance respecter entre le thérapeute et son patient ?

A découvrir

Il est souvent difficile d’évaluer la compétence du « bon » psy, il existe malgré tout des signes de mauvaise pratique qui ne trompent pas. Découvrez-les dans notre article Comment reconnaître un mauvais psy ?

L'avis de Serge Ginger : La psychanalyse ou la psychothérapie d'inspiration psychanalytique respecte habituellement une distance entre le patient et l'analyste . Ce dernier parle peu, s'abstient de tout avis ("neutralité bienveillante"), contrôle ses émotions ("contre-transfert") et ne révèle rien de sa vie personnelle. L’essentiel du travail est supposé se faire en " intra-psychique " (dans l’inconscient du client lui-même) et la relation est en dehors de la réalité sociale actuelle (" transfert "). Si l'on désire une thérapie moins "froide" où le thérapeute s'implique davantage, on a le choix entre de nombreuses thérapies dites "humanistes" ou "existentielles", telles que l'analyse transactionnelle, la Gestalt-thérapie, les thérapies psycho-corporelles, etc. Si l'on préfère des conseils et des explications, l'approche cognitivo-comportementale peut convenir davantage. 

Pourquoi le silence est-il important en psychanalyse ?

L'avis de Pascal Jocteur Monrozier : Il existe différents courants psychanalytiques, qui donnent lieu à différentes manières de faire de la part de l’analyste, tant en ce qui concerne les psychanalyses à proprement parler que les psychothérapies analytiques. Le silence de l’analyste, plus ou moins pratiqué, est destiné à permettre au patient ou à la patiente d’ associer librement les souvenirs et de laisser ainsi revenir des émotions liées aux souvenirs les plus douloureux de l’enfance. Il est donc indispensable de considérer la relation comme une sorte de provocation à l’expression libre, et de passer outre les inhibitions pour transmettre toutes les associations et états affectifs (en l’occurrence votre colère), afin de " dégeler " la relation. Posez les questions que vous voulez, servez-vous de vos séances et de votre thérapeute qui sont les vôtres.

Comment fait le thérapeute pour garder impartialité et objectivité pendant une thérapie ?

L'avis de Serge Ginger : Il s’agit là du " cœur " de la formation du thérapeute : c’est pour cela qu’on demande une longue psychothérapie personnelle préalable (qu’il y voit clair dans ses propres problèmes et dans ses limites) et une " supervision " constante (qu’il maintienne la distance nécessaire). C’est, en effet, un métier passionnant, mais éprouvant, qui demande une hygiène de vie attentive. 

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